Chiffres-clés

Depuis plus de vingt ans, les taux de suicide en France tous âges confondus connaissent une diminution constante. Ils sont passés de 20/100 000 habitants en 2000 à près de 15/100 000 en 2016 selon le 4ème rapport de l’Observatoire National du Suicide (juin 2020). Malgré cela, la France compte encore environ 9 300 décès par suicide au cours de l’année 2016 et fait partie des pays d’Europe où le taux de décès par suicide est élevé.

Le bilan devance de loin celui de la mortalité routière qui s’est élevée, cette même année, à 3 477 victimes. Mais l’ampleur de la problématique suicidaire ne se limite pas aux décès. Chaque année, on dénombre en effet près de 200.000 tentatives de suicide.

Quant aux idées suicidaires, c’est plus d’une personne sur 25 qui est ou sera concernée au cours de sa vie.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans son rapport sur la prévention du suicide de 2014, rappelle que « toutes les 40 secondes, une personne se suicide quelque part dans le monde et bien plus tentent de mettre fin à leurs jours. Aucune région ni aucune tranche d’âge ne sont épargnées ».

Le décès par suicide touche davantage les hommes que les femmes (3 hommes pour 1 femme). Les tentatives de suicide concernent davantage les femmes (3 femmes pour 2 hommes). Les jeunes filles présentent le taux de tentative de suicide le plus élevé par rapport à toutes les autres classes d’âge, avec un pic étroit autour de 16 ans.

Si le suicide concerne tous les âges, le taux de suicide est nettement plus élevé chez les personnes âgées de 75 ans et plus : 33,3 pour 100 000 habitants contre 15,4 pour les 25-54 ans et 18,1 pour les 55-74 ans.

Toutefois, bien que le taux de suicide entre 15 et 24 ans soit relativement faible comparativement aux autres tranches d’âge, il n’en constitue pas moins la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans.

Parallèlement, d’importantes inégalités face au suicide sont à constater selon les catégories socioprofessionnelles. Parmi les professions à risque, les exploitants agricoles présentent une surmortalité statistique en comparaison de la population générale. Enfin, les personnes détenues sont particulièrement à risque. La prévention du suicide en milieu carcéral est en effet une priorité de santé publique.

L’ampleur du phénomène et ses conséquences, tant à l’échelon individuel que social, appellent impérieusement à l’innovation et à l’exploration de l’ensemble des pistes utiles à sa prévention. Celle de la prévention de la contagion suicidaire est particulièrement prometteuse.

En 2016, 8 435 décès par suicide ont été enregistrés en France métropolitaine. Les remontées des certificats de décès étant imparfaites et en faisant l’hypothèse d’une sous-estimation de 10 %, on compterait après correction 9 279 décès par suicide.