Suicide et médias : quels liens ?

Le suicide constitue un problème majeur de santé publique qui mérite toute notre attention. Sa prévention et son contrôle sont loin d’être aisés. Toutefois, l’actualité en matière de recherche met en évidence que, lorsqu’il est réalisé sans précaution, le traitement médiatique du suicide est l’un des nombreux facteurs pouvant inciter les personnes vulnérables à passer à l’acte. C’est l’effet Werther selon lequel la diffusion médiatique inappropriée d’un suicide serait à l’origine d’un phénomène d’imitation (autrement appelé «contagion») chez des personnes vulnérables. Le cas de l’actrice Marilyn Monroe en est une illustration : le mois suivant son décès, on a assisté à une augmentation de la mortalité par suicide de 12% aux Etats-Unis et de 10% en Grande-Bretagne (soit 363 suicides supplémentaires, rien que pour ces 2 pays). D’autres exemples célèbres en France, Autriche, Allemagne… en témoignent (ICI).

À l’inverse, l’information, lorsqu’elle répond à certaines caractéristiques, pourrait contribuer à prévenir les conduites suicidaires. Cet effet protecteur est connu sous le nom de Papageno.

Un traitement médiatique adapté du phénomène requiert donc quelques précautions au moment de la rédaction d’un article ou de la relation d’un fait. Cependant, les journalistes reconnaissant n’être que rarement conscients du rôle de prévention qu’ils sont en mesure de pouvoir jouer et se disent souvent démunis quand il s’agit d’aborder le sujet du suicide.

Existe-t-il des manières de faire qui seraient informatives tout en étant justes et préventives ?

Les acteurs du programme Papageno en France le pensent. Ils collaborent avec les journalistes et étudiants en journalisme dans cette voie en vue d’une couverture médiatique responsable du suicide.


Pour en savoir plus sur l’effet Werther et l’effet Papageno :

Cliquez ICI.


 Comment couvrir un suicide ?

Plus de 50 études à travers le monde ont montré que certains types de traitement médiatique du suicide augmentaient le risque d’événements suicidaires chez des personnes vulnérables. L’importance de cette augmentation dépend de la quantité, de la durée et de la saillance de la couverture médiatique.

Le risque d’un surcroit de suicides augmente lorsque l’article décrit explicitement la méthode suicidaire, a recours à des Unes, des gros titres ou des images spectaculaires et lorsque la couverture médiatique – répétée et abondante – sensationnalise ou romantise une mort par suicide.

Ne craignez pas de parler du suicide. Plus le tabou persiste, plus le mythe s’enracine. Traiter le suicide avec prudence, même brièvement, peut modifier les idées reçues du public, corriger les mythes et ainsi encourager les personnes les plus vulnérables ou à risque à chercher de l’aide.

Consultez nos recommandations pour parler d’un suicide ainsi que celles de l’OMS.


 Découvrez :

Le programme Papageno dans les écoles de journalisme.