Le suicide constitue un problème majeur de santé publique qui mérite toute notre attention (près de 10000 personnes meurent par suicide chaque année en France et environ 220 000 tentatives de suicide sont prises en charge chaque année par les urgences hospitalières).

Sa prévention est loin d’être aisée. Tout comme son traitement médiatique. S’agissant d’un sujet aussi sensible parce que touchant à l’intime, les journalistes se disent souvent démunis quant à la façon d’appréhender le sujet. Or, en tant que sujet interrogeant le corps social, il est régulièrement susceptible de faire la Une des medias.

Toutefois, l’actualité en matière de recherche scientifique met en évidence que, dans certaines circonstances, les mots pour décrire le suicide peuvent s’avérer délétères. C’est l’effet Werther selon lequel la diffusion médiatique d’un suicide peut être à l’origine d’un phénomène d’imitation (autrement appelé «contagion») chez des personnes vulnérables. Le cas de l’actrice Marilyn Monroe en est une illustration : le mois suivant son décès, on a assisté à une augmentation de la mortalité par suicide de 12% aux Etats-Unis et de 10% en Grande-Bretagne (soit 363 suicides supplémentaires, rien que pour ces 2 pays). D’autres exemples célèbres en France (Dalida), Autriche (vague de suicide dans le métro de Vienne), Allemagne (le gardien de foot Robert Enke)… en témoignent.

À l’inverse, l’information, lorsqu’elle répond à certaines caractéristiques, pourrait contribuer à prévenir les conduites suicidaires. Cet effet protecteur est connu sous le nom de Papageno.

Le traitement médiatique du suicide requiert donc quelques précautions au moment de la rédaction d’un article ou de la relation d’un fait. C’est pourquoi, nous intervenons auprès des journalistes en activité afin de les sensibiliser à ces effets et diffuser les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé. Ces recommandations d’application simple se veulent être un soutien au travail journalistique sur le sujet délicat du suicide. Sans entraver l’indépendance du journaliste, elles l’aident à limiter au maximum le risque d’incitation suicidaire. 


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