À ce jour, les preuves disponibles sur les effets des avertissements de contenu suggèrent qu’ils n’atteignent pas l’objectif prévu. Insérer un avertissement sur un contenu présentant une charge émotionnelle forte ou des évocations de suicide ne protégerait donc pas la santé mentale des publics et n’aurait pas d’impact préventif.
Pourtant, dans les journaux télévisés, les articles de presse, les podcasts, sur les réseaux sociaux, ces avertissements sont couramment utilisés. D’autant plus avec la multiplication des témoignages qui fleurissent dorénavant.
Est-ce un moyen d’éviter la responsabilité des dommages causés par le partage de contenus sensibles ? Car les preuves de l’impact du partage sont, elles, documentées : reviviscence, anxiété…
Mais on parle là des publics. Qu’en est-il de l’impact sur celles et ceux qui témoignent ? Sur celles et ceux qui recueillent ces contenus ? Sur l’équipe de tournage ?
Recueillir et diffuser des expériences vécues de personnes vivant avec un trouble psychique requiert des précautions que nous avons synthétisées dans ces recommandations. Elles sont le fruit d’une méthodologie rigoureuse qui leur confère leur valence scientifique.
Ces recommandations sont le résultat d’un travail collaboratif mené par :
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Mickael Worms-Ehrminger, enseignant et chercheur, groupe d’étude REVER, Association Place des Sciences
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Margot Morgiève, chargée de recherche Inserm-Cermes3
- Nathalie Pauwels, chargée du déploiement Programme Papageno, F2RSM Psy Hauts de France
Nous exprimons notre reconnaissance envers toutes les personnes qui se sont engagées dans l’élaboration de ces recommandations. Notamment celles et ceux qui ont participé aux entretiens, les relecteurs ainsi que l’Institut la personne en médecine pour son soutien financier.