Gestes suicidaires chez les étudiants universitaires

La crise actuelle confronte l’ensemble des français à l’incertitude, la précarité et à la fragilisation des liens sociaux. Parmi les plus durement impactés, les étudiants universitaires ressentent particulièrement l’angoisse et l’insécurité.

Une étude portée par le Centre National de Ressources et de Résilience (CN2R) [1] a d’ailleurs montré des taux élevés de symptômes sévères de santé mentale chez les étudiants. Parmi lesquels des scores sévères de détresse, d’anxiété, de stress intense, de dépression allant jusqu’aux idées suicidaires. Les filles ou les personnes non-binaires sont particulièrement touchées par ces symptômes (46,7 % et 71,8 % respectivement).

Parmi les facteurs de risque identifiés, la précarité, des antécédents de suivi psychiatrique, avoir éprouvé des symptômes de la maladie Covid-19 et une faible qualité de liens sociaux.

Pour autant, le recours aux soins durant le premier confinement fut particulièrement faible. 12,4 % des 29 564 étudiants présentant au moins un de ces troubles ont déclaré avoir consulté un professionnel de la santé (2,7 % ont contacté le service universitaire de santé).

Dans le contexte des 2 tentatives de suicide rapprochées qui viennent, malheureusement, d’avoir lieu à Lyon, nous invitons les journalistes à la plus grande prudence dans le traitement médiatique de ces faits.

Compte tenu de ce climat anxiogène, il convient de trouver un juste équilibre entre informer sur des éléments de préoccupations légitimes tout en évitant un certain catastrophisme ou sensationnalisme qui risquerait d’entretenir ce climat.

Pour ce faire, il est important d’appuyer les affirmations sur des chiffres solides qui, s’agissant du suicide, ne permettent pas d’affirmer une augmentation sur les derniers mois.

Afin de prévenir un phénomène d’entrainement, il importe également de rappeler – dans chaque article – que des ressources d’aide psychologiques sont à la disposition des étudiants.

Il peut s’agir :

  • Des services de médecine préventive et de promotion de la santé des universités
  • De Fil santé jeunes : 0 800 235 236 (tous les jours de 9h à 23h)
  • Nightline, un service d’écoute entièrement dédié aux étudiants : https://www.nightline.fr/services-decoute
  • Du médecin traitant
  • En cas d’urgence, de contacter le 15

Nous restons à votre disposition pour vous conseiller si besoin.

[1] 70 000 répondants à cette étude.

Voir l'article sur cn2r.fr