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Suicide en institution : quels risques ?

Quand la postvention fait prévention

LES IMPACTS D’UN SUICIDE

Un décès par suicide d’un membre d’une communauté, est en effet un événement tragique, traumatisant et déstabilisant, qui engendre un climat émotionnel particulièrement intense et potentiellement anxiogène (1). À titre individuel, on se retrouve en état de stupeur et de choc, et projeté devant une grande incertitude et solitude.

Cet état de choc, perturbe aussi le fonctionnement habituel du collectif, en augmentant la probabilité d’un chaos organisationnel, qui peut être quasi instantané, si le suicide se produit au sein même du milieu.

La façon de gérer les impacts du suicide est donc cruciale. Il s’agit de transmettre aux personnes touchées un sentiment de confiance et de sécurité.

Plus la désorganisation perdure, plus elle peut contribuer à maintenir, prolonger ou amplifier les sentiments de détresse dans la communauté. La préparation du milieu à faire face à un suicide est un facteur déterminant : elle favorisera son retour fonctionnel (à savoir sa fonction éducative, productive…).

À LA JONCTION DES IMPACTS : LE RISQUE DE CONTAGION SUICIDAIRE

L’une des craintes les plus aiguës que soulève la survenue d’un suicide est que d’autres personnes en viennent elles-mêmes à mettre fin à leurs jours par effet de mimétisme (2).

AU NIVEAU INDIVIDUEL

Les résultats de certains travaux de recherche indiquent que 50 % des jeunes exposés à un suicide présentent un risque de 2 à 4 fois plus élevé de se suicider et que de 1 à 4 % des suicides d’adolescents surviendraient en contexte de cluster localisé (plusieurs suicides dans un espace-temps limité) (3).

Le risque de contagion à la suite d’un suicide peut être plus important en raison du processus d’identification aux pairs et aux modèles d’influence (4). Les personnes ayant des vulnérabilités en matière de santé mentale pourraient plus facilement s’identifier à la souffrance de la personne décédée ou au moyen qu’elle a utilisé pour arrêter leur souffrance.

AU NIVEAU COLLECTIF

À l’échelle du milieu, le suicide tend à générer une forme de désorganisation structurelle subite. L’établissement ou la communauté souffre alors d’une certaine confusion organisationnelle qui altère voire paralyse son fonctionnement habituel (5). De plus, la période qui suit un suicide est propice à l’émergence de tensions et de conflits en partie liés à une dynamique groupale de recherche de responsable, surtout si le climat était déjà préalablement conflictuel (6). Un tel climat est susceptible d’entraver la capacité des membres du milieu à faire face au drame et peut même contribuer à augmenter leur détresse.

AGIR EN PRÉVENTION

Les enjeux en termes de santé publique sont donc fondamentaux, car il s’agit de rompre le cercle vicieux par lequel le suicide entraîne souffrance, psychopathologie et potentiellement de nouveaux comportements suicidaires.

Se réorganiser face au chaos, gérer l’information, faire face à l’angoisse, accueillir ce qui se vit, assurer la transition vers le retour au fonctionnement habituel, repérer les personnes à risques, et prévenir le phénomène de « contagion », sont les fonctions et objectifs d’un plan de postvention. L’ensemble de ces mesures visent à contenir, et à accompagner au mieux les inévitables effets et impacts d’un tel événement.


(1) Hoffman et Bearman, 2015
(2) Nicolas, Notredame et Séguin, 2017
(3) Gould et coll., 1990
(4) Gérin-Lajoie, 2010
(5) Hoffman et Bearman, 2015
(6) Combalbert et Feltrin, 2008

Les profils concernés

vous êtes

Membre d’une institution